Expertise textile
Tissu imperméable 20 000 mm : plus élevé, toujours mieux ?
La valeur 20 000 mm décrit la résistance hydrostatique, pas le confort, le toucher, le bruit ni la compressibilité. Ce guide compare 5K, 10K, 15K et 20K et précise les critères à ajouter au cahier des charges.

Un tissu imperméable 20 000 mm n’est pas automatiquement adapté à chaque veste outdoor. Cette valeur mesure la résistance à la pénétration d’eau selon un essai hydrostatique défini ; elle ne décrit ni MVTR, bruit, toucher, GSM fini, compressibilité, ni fuites du vêtement.
20K peut convenir au ski, à un technical shell ou à un hiking shell exigeant. Le sourcing doit toutefois choisir la spécification selon l’usage, la construction et la méthode de vérification.
1. Que signifient réellement 20 000 mm ?
Il s’agit de la hauteur de colonne d’eau dans les conditions d’essai, non d’une utilisation sous 20 mètres d’eau ni d’une tenue garantie après lavage, flexion ou usage prolongé. ISO 811 est une méthode possible.
Le rapport doit indiquer :
• Méthode
• État de l’éprouvette
• Résultat initial ou après lavage
• Vitesse de montée en pression et paramètres
• Nombre d’éprouvettes
• Résultat et minimum exigé
Deux tissus « 20K » ne sont comparables qu’avec la même méthode et les mêmes conditions. L’essai tissu ne confirme pas l’étanchéité des coutures, zips, poches ou bandes endommagées.
2. Comparaison 5K, 10K, 15K et 20K
Ce sont des repères de développement, pas des classes universelles.
5K : repère bas du marché, soit 5 000 mm pour des expositions moins sévères ; ce n’est pas un cas projet CC Textile.
10K : vestes de pluie légères et vêtements outdoor généralistes. Référence CC Textile : environ 10 000 mmH₂O. Contrôler aussi GSM fini, compressibilité, résistance de la face, MVTR, wet-out et coutures.
15K : hiking shells et outdoor hard shells. Référence : environ 15 000 mmH₂O, avec exigences de transfert de vapeur, abrasion, déchirure, stabilité, toucher et tenue au lavage.
20K : ski, technical shells et hiking shells à objectif supérieur. Référence : environ 20 000 mmH₂O. Un projet européen de hiking shell 3L associait 20 000 mmH₂O à 15 000 g/m²/24h MVTR selon les conditions convenues. Méthode MVTR, bruit, GSM, compressibilité, collage, backer et compatibilité du tape restent essentiels.
Un bon 10K peut être plus pertinent pour une veste compressible qu’un lourd 20K. Consultez le guide des spécifications des tissus imperméables.
3. Pourquoi un 20K peut donner une mauvaise veste
Mauvaise gestion de l’humidité : la condensation reste possible. Le MVTR doit toujours citer méthode et unité. ASTM E96/E96M mesure la transmission de vapeur ; ISO 11092 mesure les résistances thermique et à la vapeur, dont Ret. Ces valeurs ne sont pas interchangeables. Voir aussi pourquoi une veste imperméable paraît humide sans fuir.
Bruit ou rigidité : dureté et épaisseur du film, adhésif, face et backer peuvent rendre un laminé conforme trop craquant ou rigide.
GSM fini excessif : membrane, colle et backer ajoutent du poids ; contrôler uniquement le tissu extérieur peut produire un 3L lourd et peu compressible.
DWR insuffisant : résistance hydrostatique et déperlance sont différentes. Le wet-out alourdit, ralentit le séchage et réduit le confort perçu. Exemple projet CC Textile selon AATCC 22 : 100 initial, minimum 80 après 10 lavages ; ce n’est pas une règle générale.
4. Membrane TPU ou PU : souplesse et bruit
Le TPU est un polyuréthane thermoplastique, souvent sous forme de film de laminage ; PU désigne ici souvent une enduction liquide. CC Textile utilise les deux, sans choisir sur le seul nom chimique.
À contrôler :
• Épaisseur du film/enduction
• Souplesse et flexibilité
• Bruit au mouvement
• Couleur et opacité
• Compatibilité de la colle
• Conditions de collage
• Toucher fini
• MVTR cible
• Maintien de la colonne d’eau
• Compatibilité face/backer
Le projet européen 3L utilisait face nylon Ripstop + membrane TPU + backer tricoté, avec 20 000 mmH₂O et 15 000 g/m²/24h MVTR. Le client demandait d’abord un TPU peu transparent afin de réduire la visibilité de la membrane ou les remontées de couleur. Après laminage, le tissu était trop bruyant et pas assez souple.
Le passage à un TPU blanc plus souple a réduit le bruit et amélioré le toucher. Le laminé a été retesté et a satisfait les exigences. Il faut donc évaluer ensemble face, membrane, colle et backer, pas une fiche membrane isolée.
5. Le laminage compte autant que la membrane
Un 3L est un système : face + colle + membrane + backer tricoté. Modifier une partie affecte les autres. Nylon Ripstop léger, structure, densité et stabilité doivent correspondre au procédé ; une membrane souple exige toujours de confirmer collage et imperméabilité.
Le backer influence :
• Contact peau
• Flexibilité
• GSM fini
• Mouvement de l’humidité
• Stabilité du laminé
• Bruit du vêtement
Choix et couverture de colle, température, pression et réticulation déterminent l’adhérence. Tester le tissu fini et répéter après les lavages convenus. Un 2L utilise généralement une doublure séparée, un 2.5L une protection interne, et un 3L lie face, membrane et backer. Voir l’aperçu 2L, 2.5L et 3L.
6. À spécifier en plus de 20 000 mm
• Usage du vêtement
• Enduction, 2L, 2.5L ou 3L
• Composition et armure de la face
• Titre/denier
• GSM fini et largeur utile
• Colonne d’eau, méthode, valeur initiale et après lavage
• MVTR ou Ret, méthode, unité et conditions
• Limite de perméabilité à l’air
• Toucher, flexibilité et bruit acceptable
• Couleur, opacité et aspect membrane
• DWR initial et durable au lavage
• Déchirure, traction et abrasion
• Adhérence/délaminage et compatibilité tape
• Développement couleur et lab dip
• Procédure d’approbation
• Laboratoire SGS, Bureau Veritas ou désigné
• Fréquence et critères des tests de production
« Sans PFAS ajoutés intentionnellement » doit être séparé de DWR C0, avec documentation chimique, contrôles, portée, méthode et limites de détection. C0 ne prouve pas l’absence de tous les PFAS.
L’approbation tissu ne remplace pas celle du vêtement : bandes incomplètes ou décollées, zips et détails peuvent fuir. Voir Pourquoi les vestes de ski échouent.
Conclusion
20 000 mm peut convenir au ski ou aux shells techniques, mais n’est pas toujours meilleur que 10K ou 15K. La bonne spécification équilibre colonne d’eau, MVTR, GSM fini, compressibilité, toucher, bruit, stabilité et confection.
CC Textile peut examiner échantillons, photos, fiches et objectifs via son processus de développement textile. Suivez les actualités sur LinkedIn ou contactez l’équipe.
Questions fréquentes
Que signifient 20 000 mm pour un tissu imperméable ?
C’est la résistance à la pression hydrostatique selon une méthode définie. Cette valeur ne décrit ni MVTR, durabilité DWR, toucher, bruit ni étanchéité du vêtement fini.
Un tissu 20K est-il meilleur qu’un 10K ?
Pas pour chaque vêtement. 20K peut convenir au ski ou à un shell technique ; un 10K léger peut mieux servir une veste compressible. Usage, méthode, MVTR, poids et construction doivent être évalués ensemble.
Un tissu 20 000 mm peut-il être inconfortable ?
Oui. Un transfert de vapeur insuffisant, un GSM élevé, peu de ventilation, une membrane rigide ou trop de bruit peuvent rendre le laminé inadapté malgré sa colonne d’eau.
Que spécifier en plus de 20K ?
Méthode, vêtement, face, GSM fini, membrane ou enduction, MVTR/Ret, toucher, bruit, DWR, compatibilité du tape et essais après lavage.